Fraise 'Mara des Bois'
Fragaria, ananassa 'Mara des Bois'

La fraise qui a remis le goût de la fraise des bois dans nos jardins. Créée en 1991, la Mara des Bois est une variété remontante qui produit tout l'été, avec ce parfum sauvage et musqué.
Première surprise pour beaucoup : la fraise n'est pas vraiment un fruit, en tout cas pas au sens botanique. La partie rouge et charnue qu'on dévore est en réalité le réceptacle gonflé de la fleur. Les vrais fruits, ce sont les petits grains jaunes qu'on prend pour des pépins et qui parsèment sa surface. C'est un détail qui ne change rien au plaisir, mais qui surprend toujours. Le fraisier appartient à la famille des rosacées, comme la rose, le pommier ou le framboisier.
La Mara des Bois, elle, a une histoire qui vaut le détour. C'est une obtention des pépinières Marionnet, en Sologne, commercialisée en 1991, et elle est vite devenue l'une des variétés les plus demandées des Français. L'idée de départ était maligne : retrouver le parfum intense de la minuscule fraise des bois sauvage, tout en gardant la productivité et la taille correcte d'un fraisier de jardin moderne. Wikipedia
Le résultat est une fraise de taille moyenne, d'un rouge clair, au goût immédiatement reconnaissable. Sa chair est rouge clair, légèrement acide, très juteuse, avec ces fameux arômes musqués prononcés qui font toute la différence. Son seul défaut est le revers de sa qualité : sa chair est peu ferme et elle s'abîme vite, donc il ne faut pas la laisser trop longtemps sur le plant. C'est une fraise de jardin et de marché, pas une fraise de supermarché, et c'est tant mieux. January SpiritsJanuary Spirits
C'est aussi une variété remontante, ce qui est son gros avantage au potager. Au lieu de tout donner en deux semaines comme certaines variétés de printemps, elle produit par vagues successives de juin jusqu'aux gelées. On récolte une poignée de fraises régulièrement pendant des mois, ce qui est idéal quand on jardine pour le plaisir.
Le fraisier ne se sème pas, ou en tout cas pas pour une variété nommée comme celle-ci. On part de plants en godets qu'on achète, et ensuite la plante se multiplie toute seule par stolons, ces longues tiges rampantes qui s'enracinent un peu plus loin pour faire de nouveaux pieds. On y reviendra dans les soins, mais retiens que tu n'auras à acheter tes plants qu'une seule fois.
Le meilleur moment pour planter, c'est l'automne. La plantation se fait de préférence à l'automne pour une récolte de juin à octobre dès l'année suivante. En plantant en septembre, le fraisier a le temps de bien s'installer avant l'hiver et démarre en force au printemps. Une plantation de printemps marche aussi, mais la première récolte sera plus modeste. Del Mesa Liquor
Le geste à ne pas rater, c'est la profondeur de plantation. Le collet, ce point central d'où partent les feuilles, doit arriver pile au niveau du sol. Si on l'enterre trop, il pourrit. Si on le laisse trop haut, les racines sèchent. C'est tout bête mais c'est la cause numéro un des échecs chez les débutants.

Côté emplacement, il lui faut du soleil, ou à la rigueur la mi-ombre, et une bonne terre. La Mara des Bois n'apprécie pas les sols calcaires : il faut lui préférer un terrain léger, assez riche, neutre ou légèrement acide, sans excès d'humidité. Un bon apport de compost une quinzaine de jours avant la plantation la met dans les meilleures conditions. Elle se plaît aussi très bien en pot ou en jardinière, ce qui en fait une candidate parfaite pour un balcon.
Une fois en place, on paille au pied avec de la paille, ce qui n'est pas un hasard : c'est ce geste qui maintient les fruits propres, à l'écart de la terre humide où ils pourriraient. Le paillage garde aussi la fraîcheur et limite les arrosages.

Le fraisier demande surtout de la régularité à l'arrosage, et un arrosage bien dirigé. On arrose au pied, jamais sur les feuilles ni sur les fruits, parce que l'humidité sur le feuillage favorise la pourriture grise, ce duvet gris qui gâche les fraises par temps humide. Régulier mais sans détremper, le fraisier détestant avoir les pieds dans l'eau stagnante.
Vient ensuite la gestion des stolons, qui est le geste le plus caractéristique de la culture du fraisier. Ces tiges rampantes qui partent du pied et s'enracinent plus loin sont à la fois une bénédiction et une contrainte. Si on les laisse toutes, la plante s'épuise et fait de plus petites fraises. Le bon compromis est d'en couper la plupart pour que la plante se concentre sur ses fruits, et d'en garder seulement quelques-uns qu'on laisse s'enraciner pour fabriquer ses futurs plants gratuitement.

Deux derniers points pour réussir. D'abord la protection : les oiseaux et les limaces adorent les fraises autant que nous, et un filet ou un cordon de cendres peut sauver la récolte au bon moment. Ensuite le renouvellement : un pied de fraisier s'épuise au bout de trois ou quatre ans et produit de moins en moins. C'est là qu'interviennent les jeunes plants issus des stolons, qu'on repique pour remplacer les vieux pieds. Avec ce petit roulement, on a des fraisiers à vie sans jamais en racheter.
Pour la récolte enfin, on cueille les fraises bien rouges, idéalement le matin quand elles sont fraîches, et on les mange vite. La Mara des Bois ne se conserve pas, c'est une fraise de l'instant. Et un conseil de gourmet : on la lave avant de l'équeuter, jamais l'inverse, sinon elle se gorge d'eau et perd son parfum.